du 19 octobre au 19 novembre 2003 (vernissage le 19 octobre 2003 à partir de 18h) :
« tout ira mieux demain / morgen wird alles besser »
exposition de
berit hummel

le travail de performance de berit hummel (née en 1975 à leipzig, vit et travaille à berlin) traite des stratégies d'appropriation de l'espace public. il consiste en des actions spécifiques pour lesquelles l'artiste utilise des produits de consommation courante qu¹elle choisit à la fois pour leur simplicité et les activités quotidiennes qu'ils évoquent. berit hummel ne réalise pas forcément ses actions à l'adresse d'un public, l'essentiel étant pour elle d'intervenir directement dans un contexte choisi.
inaugurant son espace d'art situé à la meinau / strasbourg, le forum itinérant invite berit hummel à exposer les traces de la performance qu'elle réalisera de manière anonyme dans l'espace public le jeudi 16 octobre dans le cadre de superformances (1).
passer la serpillière est un acte ordinaire lorsqu'il a lieu à domicile, dans l'espace privé de celui qui le fait ; mais dès lors qu'on choisit, comme le fait hummel, de passer ladite serpillière dans l'espace public, ça devient un acte extraordinaire, politiquement limite, qui pose la question de l'utilité de l'art et de l'artiste.
la performance "tout ira mieux demain" / "morgen wird alles besser" consiste donc à s'approprier et nettoyer ici et là, à l'aide de savons et serpillières, des micro-parcelles d'espace public. le choix des parcelles se fait en amont à partir d'un plan de ville classique, autrement dit carré, quadrillé, normé ; un plan dont l'artiste re-trace les grandes lignes pour y pointer les sites sur lesquels elle va intervenir au grand jour, sans préavis, huit heures durant. partant du centre ville, là où sont concentrés les centres de distribution, l'artiste se déplace selon une trajectoire en forme de spirale, pour finir sa performance à la lisière du centre ville et de la périphérie, là où sont (encore) concentrés les centres de production de nos villes. la taille de la serpillière sert d'étalon pour délimiter les surfaces à "nettoyer" et le savon est au départ utilisé comme une craie pour dessiner le contour de chaque "plan de travail". une fois la serpillière passée, hummel conserve chaque specimen dans des sacs en plastique qu'elle numérote tour à tour.
car ce qu'elle expose ensuite, comme ici à hors champ, ce sont les traces du processus de création :
plans, sacs en plastique, vidéos et autres documents qu¹elle agence de telle manière que chaque action spécifique est représentée dans sa relation à l'ensemble. averti ou pas, le visiteur peut lui-même faire le lien entre les points figurant sur le plan, les images des actions diffusées via la vidéo et les serpillières exposées. cette mise en relation permet de se faire une idée de l'action et de son contexte, mais le pourquoi de sa mise en oeuvre reste mystérieux : pourquoi réitérer autant de fois une action a priori absurde et dénuée de sens ? à quoi travaille-t-on au juste ici ? comment se modifient les lieux urbains "traités" ? que signifie ce travail pour la personne qui l'effectue ?
berit hummel exposera également les traces d'une autre performance de la série "tout ira mieux demain / morgen wird alles besser". vêtue d'une robe entièrement réalisée à partir de serpillières, l'artiste marche le long d¹une route départementale, réalisant différentes micro-actions dont les traces maculent progressivement sa robe.
(1) tout comme bert theis l'a fait place de la république avec " le monument aux vivants ", berit hummel oppose au quadrillage classique du plan urbain la forme organique de la spirale.
strasbourg 16 17 18 19 octobre 03
conception-organisation
le forum itinérant
co-production
musée d’art moderne et contemporain
école supérieure des arts décoratifs
centre dramatique national / théâtre jeune public
université marc bloch / ufr des arts / association culture
zone d’art / pignon nord
hors champ / espace d’art élargi
information-réservation
03 88 40 29 91
forum.itinerant@wanadoo.fr
édito
face à la vague
dès la fin des années 50, utilisant toute la gamme des produits et processus à l’œuvre dans et hors le champ de l’art, toutes disciplines confondues, indiscipline comprise, la performance a su trouver sa place et son public dans l’espace-temps réel, les chercher dans l’ici le plus souvent urbain d’un maintenant à l’époque dit moderne, les trouver hors les murs et autres limites de l’atelier, la toile, l’académie, la galerie, le musée, le marché...
du 16 au 19 octobre 2003, superformances est une invitation à découvrir des performeurs qui opèrent aujourd’hui, une fois de plus, comme des brise glace face à la vague d’un art dont les gestes et genres ont à nouveau tendance à se geler, jusqu’à se confondre avec l’iceberg du tout-est-divertissement, fut-il culturel.
pour tenter de porter un regard critique sur une mode qui re-pousse l’artiste à se produire toujours plus à la lisière des aires de jeu de la société du spectacle, superformances est l’occasion de découvrir des performeurs qui dé-construisent précisément, tous médias confondus, expositions, exhibitions inclus, tous les trucs, machins, machines, ficelles, coulisses, blush et grand bluff du show...
le forum itinérant
association de chercheurs d’art
programme
16 octobre
• birgit ramsauer / people drawing
• 19 H / école supérieure des arts décoratifs

birgit ramsauer pose la question de l’autre dans le champ de l’art : l’autre étant tout spectateur qu’elle invite à choisir sa place et sa position dans l’espace-temps de l’événement. à l‘aide de rubans adhésifs de couleur vive, elle dessine ensuite in situ les contours de tout ou partie de son corps, de telle sorte qu’il est directement impliqué et dans le tracé de sa propre trace et dans le dessein de l’artiste, qui serait de re-constituer la trace d’un sujet collectif ; le dessin final et les photos relatives à sa réalisation re-présentant juste un reflet de la situation ainsi construite. jusqu’au 31 octobre, birgit ramsauer exposera des traces et une sculpture issues de la dé-construction de ce “people drawing” dans le “forum permanent” de l’école.
née en 1962 à nüremberg / allemagne, vit et travaille à berlin / allemagne et new york / usa
http://www.birgitramsauer.net
• georges cazenove / sans titre
• 21 H / zone d’art, pignon nord

fondée sur un problème posé par josef wittgenstein — “les mots n’ont plus de sens, mais seulement des usages” — “sans titre” fonctionne comme une tragédie à propos de l’effacement de l’espace public. acte 1 : coller des affiches blanches et distribuer des tracts blancs (...) acte 2 : installer un dispositif balnéaire exclusivement fait de mobiliers et médias blancs — transats, caillebotis, parasols, fanions, cartes postales, journaux, etc. (...) acte 3 : la nuit venue, projeter des diapos et vidéos issues des affichages et tractages commis en amont (...) acte 4 : engager la conversation avec qui veut, notamment à propos de la place de l’art et de l’artiste dans l’espace-temps contemporain, une place qui s’avère de moins en moins publique...
né en 1947 à perpignan / france, vit et travaille à strasbourg / france
17 octobre
• pascale grau / enhaced by king kong
• 20 H / théâtre jeune public, petite scène

pascale grau reproduit en direct trois séquences de “king kong”, le film culte de merian cooper, avec de petits jouets en plastique. projetées sur grand écran, les images montrent différents décors à l’intérieur desquels les mains surdimensionnées de l’artiste manipulent les acteurs. appuyée de cris et autres bruits emphatiques, diffusée off, la bande son originale du film devient une structure temporelle qui détermine la durée de chaque scène. scène 1 : king kong kidnappe anne, la femme blanche. scène 2 : king kong lutte pour montrer qui est le plus fort. scène 3 : le monde civilisé tente de détruire la nature primitive, à savoir “king kong”, qui s’est retranché avec anne au sommet de l’empire state building.
née en 1960 à saint gallen / suisse, vit et travaille à bâle / suisse
• yan duyvendak / dreams come true
• 21 H / théâtre jeune public, petite scène

"si je proposais un jeu avec 10 personnes dans un avion en perdition équipé de seulement 9 parachutes, affirme j. de mol, apôtre de la télé-réalité, je trouverais des tas de candidats". yan duyvendak a décidé d'être l'un deux, déterminé à obtenir lui aussi son petit quart d'heure de célébrité. le voilà donc, le parcours de tous ceux à qui on promet que leurs rêves peuvent devenir réalité. au milieu des illusions qui virent au cauchemar, l’artiste s'agite cocassement, essayant d'intégrer les solutions décousues de ceux qui veulent lui apprendre à être une star. bien trop réel pour cette prétendue télé-réalité, il démonte la machinerie de cette compétition et dresse le portrait des icônes que notre société crée et consomme impitoyablement.
né en 1965 en hollande, vit et travaille à genève / suisse et barcelone / espagne
18 octobre
• paarcand / except
• 19 H / musée d’art moderne et contemporain

le travail que paarcand réalise avec sa “macchina ricordi”, autrement dit son propre logiciel, relève tout autant de l'art audio et des musiques expérimentales que de la poésie action. “except” est construit à coups de prélèvements, répétitions et superpositions, dans un continuum toujours changeant de gestes sonores, effets de voix, sons filés, percussions, images, scratchs, etc. la construction des sons active en même temps un traitement vidéo : boucles et mixages évolutifs. côté instrumentation, paarcand joue avec un mrn-v-014, un livre sonore, un micro-stylo, un archet, des voix, des clips dont les contenus empruntent aussi bien à internet, à la vie quotidienne, au froid, au chaud, qu’aux effets de lumière vidéo.
né en 1942, vit et travaille à québec / canada
• julien maire / demi-pas
• 20 H / musée d’art moderne et contemporain

“demi–pas” est à première vue un court-métrage sur une journée ordinaire dans la vie ordinaire d’un homme ordinaire : il va au travail, il travaille, il mange, etc. cela étant, “demi-pas” n’est pas un court-métrage ordinaire, parce qu’au lieu de le filmer, julien maire l’a conçu et fabriqué image par image, séquence par séquence. c’est donc la performance d’un artiste qui se dit projectionniste, qui active dans un projecteur bidouillé ad hoc, directement et en direct, chacun des micro-mécanismes qu’il a bricolés comme des diapos à facettes multiples. à mi-chemin du théâtre d’images ou d’ombres projetées et du film d’animation, julien maire reconstitue un étonnant puzzle et souligne les aspects complexes ou dérisoires de la réalité.
né en 1969, vit et travaille à strasbourg / France
• traces vidéo / curated by karine vonna
• 20 H 30 / musée d’art moderne et contemporain
fabrice gygi
domestic performance 20’, 1995
réputé pour ses installations qui jouent avec tout ce qui est symbole de l’autorité, la révolte ou le spectacle, fabrice gygi est également un performeur pur et dur. signée en 95, “domestic performance” annonce le devenir politique de son oeuvre : “intégrer le lieu d’exposition à la société et renvoyer le spectateur à sa condition de citoyen”. ici, dans ce projekte raum vide de zurich, il récupère tout ce qui est poussière, il fait les poches des spectateurs pour y piquer scories et miettes, il met le tout dans de petites urnes de bronze pareilles à des pustules, qu’il a greffées à sa chemise sinon à sa peau...
né en 1965, vit et travaille à genève / suisse
sylvie fleury
make up expert 6’, 2001
retour peinture : dans le cadre d’une expo perso en corée, fidèle à la ludique et très hétérogène logique des emprunts qu’elle a coutume de faire façon custom, aussi bien dans le champ de l’histoire de l’art que dans celui sans lendemain des médias, des bagnoles, des marques ou de la mode, sylvie fleury a choisi de faire crisser les pneus d’une voiture de rallye sur le sol goudronné d’un white cube aux quatre coins duquel elle a semé des tas de produits de beauté...
vit et travaille à genève / suisse
ivan moudov
traffic control 6’, 2000
en bulgarie, vu sa façon très ambigüe de régler la circulation, vu qu’on ne sait jamais quels droits elle protège vraiment, la police est le symbole d’un exercice anarchique du pouvoir. d’où le désir de l’artiste d’essayer de comprendre en quoi le port de l’uniforme peut tout changer. sauf que c’est en autriche, dans un pays où les lois sont plus strictes et les citoyens plus respectueux de l’autorité, qu’il a choisi de réguler le trafic d’un carrefour, en uniforme de policier bulgare...
né en 1975, vit et travaille à sofia / bulgarie
nicoletta stalder
ten things i’m good at 15’, 2002
histoire de revoir et corriger l’idée toute faite qu’on se fait de la compétence et de la compétitivité de chacun, nicoletta stalder exécute dix performances que tout enfant pratique couramment, mais qu’il oublie une fois devenu grand : marcher sur les mains, faire sauter des crêpes, collectionner des plantes et des champignons, faire la roue, faire le poirier sur un skateboard, jouer au football, etc.
vit et travaille à bâle / suisse
yan duyvendak
nie wieder kunst 4’, 1995
interprétant a capella des tubes qui parlent de l'art, yan duyvendak s'interroge avec ironie sur le rôle de l'artiste aujourd'hui. respectant scrupuleusement le tempo des chansons, comme si les instrumentations étaient présentes, jouant sur la gêne des temps morts, dépouillant la mise en scène de tout artifice, il réussit à mettre à nu notre vision, en s'incluant lui-même, joyeusement, dans cette réflexion : “ t'aurais voulu être un artiste pour pouvoir te trouver beau sur un grand écran en couleur...”
blanca casas brullet
prendas 10'30”, 2001
tout le travail sur le corps de la catalane blanca casas brullet tourne autour de la possibilité de représenter et réfléchir (à) sa fragilité. le propos de “prendas”, c’est le désir de sortir ce corps, vivant et vécu, habité, habillé de peau, habitat précaire, de toute gangue : “prendre ou toucher mais aussi se déprendre ou se détacher, en tout cas essayer”. résultat : six brèves saynètes où la vidéaste et la danseuse luttent avec le cadre de la caméra et "l'encadrement" du vêtement.
née en 1973 à mataró / espagne, vit et travaille à paris / france
maren strack & johan lorbeer
muddclubsolo 11’, 2003
si vous avez révé de vous pendre comme un lustre au plafond, de sauter à pieds joints dans une flaque, de camper sous la jupe d’une nana, vous devriez adorer ce que font de concert les berlinois maren strack et johan lorbeer : pied-de-nez aux lois de la pesanteur, flamenco dans la boue, danse d’une queen mutante, petit rituel de transgression, bande son à la lisière du digital et de l’analogique...
vivent et travaillent à berlin / allemagne
alexandre ponomarev
maya, l’île perdue 16’, 2000
comment rayer l’île maya de la carte marine ? comment l’effacer objectivement de la surface de la mer de barents ? hallucinante, stupéfiante réponse que celle imaginée et mise en oeuvre par cet ancien marin russe et rusé qu’est alexandre ponomarev, avec la complicité exceptionnellement artistique de la flotte de l’ex-union soviétique : envelopper maya dans un vrai nuage de fumée produit par quatre vaisseaux de guerre, nuage qui se confond progressivement avec le ciel, nuage qui oblitére ainsi l’île de l’horizon pendant quelques instants…
né en à dniepopetrosk / urss, vit et travaille à moscou / russie
19 octobre
• roi vaara / risky business
• 16 H / palais universitaire, aula

“risky business”, c’est une litanie sans fin ni affect de mots pris dans le tout venant contemporain d’un discours globalement dominant. icône d’un monde de l’art qui se résume ici au vernissage, costard et nœud papillon noirs, gants et chemise blanches, roi vaara empile parallèlement des flutes de champagne sur une table. quand tous les verres sont empilés, quand on se dit que l’heure est venue de faire couler le champagne, il se glisse sous la table et la portant comme une croix et il entame une longue procession. évidemment des verres tombent, évidemment ils se brisent en tombant, évidemment le performeur se blesse. ce sont les “risky business”, autrement dit les risques du métier...
vit et travaille à helsinki / finlande
• berit hummel / tout ira mieux demain
• 18 H / hors champ, espace d’art élargi

côté performance, l’artiste choisit dans l’espace public des parcelles qu’elle nettoie ensuite au grand jour, à l’aide de serpières. elle pose tout d’abord la serpière dont elle trace les contours sur le sol à l’aide d’un bloc de savon, puis elle s’emploie à laver énergiquement l’espace délimité, elle range enfin soigneusement chaque serpière utilisée dans une poche en plastique transparent sur l’étiquette de laquelle figure le numéro correspondant au segment d’espace nettoyé. du 19 octobre au 19 novembre, berit hummel exposera à hors champ / espace d’art élargi, les traces relatives à cette performance et à d’autres interventions par elle signées à leipzig, dans la série “tout ira mieux demain” (vernissage le 19 octobre à partir de 18h)
née en 1975 à leipzig / rda, vit et travaille à berlin / Allemagne
lieux
école supérieure des arts décoratifs
1, rue de l’académie / strasbourg
zone d’art / pignon nord
2, rue du rhin napoléon / strasbourg
musée d’art moderne et contemporain
1, place hans jean arp / strasbourg
théâtre jeune public / petite scène
1, rue du pont saint martin / strasbourg
palais universitaire / aula
9, place de l’université / strasbourg
hors champ / espace d’art élargi
12 rue de champagne / strasbourg