exposition curated by le forum itinérant
du 11 mars au 10 avril 2004
maillon-wacken théâtre de strasbourg
vernissage le 11 mars à partir de 18h30 avec des performances
de nicoletta stalder (suisse) et irene maag (suisse)
no man show ! uniquement des femmes !
chacune proposant un ou plusieurs regards
sur l'art, la vie, le réel, le monde tel quel,
en mode féminin singulier...

my studio is my kitchen, nicoletta stalder
anne durez
malgré tout, 2001
(née en 1969 à paris, anne durez vit et travaille à paris)
photographe et vidéaste, anne durez relève ces états transitoires de l'esprit en "roue libre" et de la perte de contrôle de soi :
"de manière générale, je fais peu d'images, et mes photographies demeurent très fragiles, dans le sens où la méthode et les moyens employés consistent à jouer avec l'instabilité de la lumière et avec l'aléatoire des rencontres fortuites, d'objets délaissés ou d'éléments perturbant le paysage ; que ce soit en extérieur, en milieu rural ou urbain, ou dans des contextes plus intimes. chaque ensemble relève d'expériences récurrentes, de promenades et de rencontres. mon travail photographique comprend les "bavardages" (1997-2003), "impatiences" (1999-2001) et "indifférences" (2000). mes vidéos se concentrent d'abord sur des gestes effectués machinalement ("malgré tout", 2001). puis il s'agit d'observer et de questionner l'incidence sur ces gestes de "l'agression" du corps par des éléments extérieurs, d'abord dans la nature ou avec des éléments naturels ("rien ne dit", 2002 ), puis dans l'espace "social" (ou avec des éléments extérieurs de l'ordre de la "contrainte urbaine" : déplacement, espace vital, etc. ; par exemple, la vidéo "ça y est" (2003) reprend un thème à la limite de plusieurs états de conscience successifs : l'évanouissement.
céline trouillet
song n° 3, 3'30, 2004
(née en 1975 à colmar, céline trouillet vit et travaille en alsace)
un jeune homme, sourd profond, s'efforce de prononcer avec difficulté les paroles d'un slow populaire, à savoir "le sud", une chanson de nino ferrer. l'interprète n'entend ni sa voix ni la musique de la version instrumentale qui l'accompagne ; une émotion intense va soudre et naître face à l'évidence du handicap et à la lutte ici engagée le temps d'une étonnante épreuve du langage.
gaëlle lucas
les poudriers, 2003
(née en 1971 à enghien-les-bains, gaëlle lucas vit et travaille à strasbourg)
trois paysages. trois cratères de poudres, isolés de leur contexte d'origine : "et si des gestes ordinaires et féminins fabriquaient quotidiennement des micro-paysages faits de presque rien (poudres de couleurs variées, boîtiers de différents métaux, poussières). et si la répétition d'un simple même mouvement pendant plusieurs mois, dicté par la conventionnelle habitude du maquillage, produisait des images. je prendrai une photomacrographie pour dire qu'il se passe quelque chose d'autre chaque matin quand on se maquille."
maison n° 1, 2000
maison n° 2, 2003
"les mouchoirs se présentent comme un trousseau de jeune fille, vierge de tout sauf de ces noms évoqués par les initiales brodées : est-ce là une filiation anonyme ou les initales des personnes chères et disparues, des amants relégués à l'anonymat ? les mouchoirs apparaissent aussi comme la sacralisation de l'objet usuel, fétiche pour l'enfant, il est le prolongement de lui-même, le compagnon de sommeil, reniflé et sucé inlassablement. il est aussi l'objet des chagrins, des colères et des larmes mais symbolisera toujours le réconfort. la maison ne possède aucune ouverture, espace intime de l'enfant nécessaire à la construction de sa personnalité. une toile close mais transparente qui marque délicatement cette distance entre le petit individu et les adultes. la petite maison sans porte ni fenêtre nous interroge sur le désir de fuir une réalité, la nécessité d'un quelconque repliement, le besoin de solitude et d'intimité. mais c'est peut-être aussi montrer le danger d'un tel désir carcéral qui débouche sur la perte totale de la réalité et de la communication avec l'autre. la construction sociale de l'individu est compromise. l'identité ne suit plus le processus d'évolution classique et refuse radicalement l'intrusion d'éléments extérieurs à son univers physique restreint. forteresse ou (et) prison, construction ou destruction, liberté ou enfermement, présence ou solitude, autant de paradoxes que soulève cette petite maison de fillettes." c. challeau
armure, 1998
"comme une broderie délicate, elle fut longue à réaliser. seuls les gestes diffèrent, bien que la lenteur, la minutie et le geste répétitif soient inhérents à l'acte d'agrafer. ce geste si violent et obsessionnel que l'on peut associer à l'insoumise ou plutôt à la combattante s'oppose radicalement à la douceur de la brodeuse. Comment réagir face à cette armure ? celle qui séduit au premier regard par sa brillance et sa préciosité proche du bijou et de la broderie ou cell qui agresse par sa crudité et sa violence meurtrière. l'ambivalence et l'infanticide, l'amour et la mort, ainsi que la protection et la mutilation."
c. challeau
irene maag
silk membrane, installation, vidéo, photos, 2002
(née en 1972 à bâle, irene maag vit et travaille à bâle)
silk membrane, vidéo, 2002
charles aznavour - irene maag
performance: irene maag
contexte : manana dvali
vidéo: bruce allan
gyumri, arménie
silk membrane, photos, 2002
irene maag, georgie 2002
photo et contexte : guram tsibakhashvili
composée d'un mannequin recouvert d'un voile de soie qu'agite doucement un ventilateur, cette installation est issue d'un projet de performance pour photographie, film et vidéo, initié en août 2002 à gyumri en arménie dans le cadre de la 3ème biennale d'art contemporain, puis il a ensuite été présenté à giorgi turkadze en géorgie et dans d'autres pays. l'artiste performeuse irene maag se tient debout, recouverte d'un voile de soie, dans différents types de paysage, urbains ou en pleine nature, dans les hautes montagnes. le vent qui souffle joue avec l'étoffe transformant l'artiste en une douce et soyeuse sculpture vivante.
plusieurs peaux, installation, 1998
"je porte des vêtements en plastique, explique irene maag, sur ma peau nue et me promène tout à fait normalement comme j'ai l'habitude de le faire lorsque je participe à un vernissage. je discute avec les gens, je me promène, je regarde les oeuvres, je bois un verre, des conversations s'engagent alors à propos de ma tenue, de sa transparence, de son mode de fabrication, de son confort et de l'envie qu'auraient certains à percer les bulles d'air de ces drôles de vêtements". irene maag exposera sur un portant les différents éléments de sa tenue.
nicoletta stalder
my studio is my kitchen, 2002-2004
(née en 1972 à bâle, nicoletta stalder vit et travaille à bâle)
elle est l'inventrice de sa propre pratique artistique. elle se présente comme une jeune fille naïve qui affirme avec force que l'art ne devrait pas être difficile, ni éloigné des gens. elle choisit ses actions en-dehors des débats théoriques. nicoletta stalder travaille avec les ressources de ses propres capacités, avec des matériaux que d'aucuns considèrent dénués de valeur, mais également avec un réseau croissant de personnes et d'initiatives, qui du fait d'un contexte économique difficile, ont emprunté une voie autonome. "ma pratique artistique est, dit-elle, ma performance et ce qui en résulte est de l'art. mon atelier est ma cuisine et tous les ingrédients sont autorisés. à partir de vieux rouleaux à pâtisserie, je sculpte des objets que je roule dans de la pâte à sel, sortes de bas-reliefs qui font penser à des objets moyennâgeux. j'associe étroitement mon activité artistique à une forme de créativité propre aux civilisations anciennes qui est aussi fondamentale pour la civilisation que la nourriture." sur une télé posée dans sa cuisine, nicoletta stalder nous montre par ailleurs des tas d'autres choses qu'elle dit savoir faire : dessiner, jouer au football, marcher sur les mains, parler différentes langues étrangères, etc.
mathilde rosier
loin de honolulu, 11', 2003
(née en 1973, mathilde rosier vit et travaille à paris)
comme en regardant le train qui part au quai d'en face vous vous croyez partir, mathlide rosier filme dans loin de honolulu, tourné à zanzibar, un bateau insensible à l'écoulement des vagues, point fixe dans le courant du film, à la surface de l'image en mouvement. mathilde rosier invente un monde parallèle, pour mieux traquer le temps réel. "tout doit concourir à montrer les choses et les éléments au plus près, indique mathilde rosier, de telle manière que l'on puisse en saisir la matière, l'épaisseur et la substance. tout doit devenir palpable, même les sons. très étrangement, tout est ainsi plus réel, puisque tout est métériellement présent, pourtant, l'image semble venir d'un monde imaginaire". dans cet univers singulier, les repères habituels sont brouillés : envers, endroit, intérieur, extérieur, ne correspondent plus. l'image s'y trouve en perpétuelle rotation et les ruptures d'échelle fréquents. et toujours la voix, le texte et la mélodie étroitement entrelacés. pourquoi ce titre loin de honolulu ? parce qu'il décrit bien mon intention : honolulu c'est loin, donc quelque part loin de honolulu, c'est soit plus loin encore, soit très proche ! ce qui s'applique au monde de l'imaginaire, de l'inconscient, des rêves, et de mes films."
karine vonna
screaming people, 12', 2004
(née en 1962 à mulhouse, vit et travaille à strasbourg)
gros plan sur des visages d'hommes et de femmes sans affect, immobiles, crânes rasés, le regard d'abord vide et fixe, qui s'animent lentement jusqu'à se tordre, se défigurer, d'horreur ou de douleur. de leur bouche, grande ouverte, s'échappe un cri, terrible et terrifiant, mais nous ne l'entendons plus. est-ce parce qu'il est muet ? est-ce parce que nous sommes sourds ? est-ce paarce que nous ne pouvons ni ne voulons plus l'entendre qu'il est devenu comme muet, inaudible pour nous ? le langage, dont on dit qu'il est le propre de l'homme, est ici poussé jusqu'à sa propre impossibilité, son propre néant. il n'est plus qu'un hurlement "blanc", une déflagration silencieuse, une béance vide.
Le Maillon-Wacken Théâtre de Strasbourg
Place de la Foire Exposition
67 000 strasbourg
tram : ligne b station wacken
renseignements
(33) (0)3 88 27 61 71
(33) (0)3 88 40 29 91
le forum itinérant
& le musée d'art moderne et contemporain
présentent
valérie mréjen / vidéos 1997-2003
mardi 4 mai à 20h
auditorium du mamcs (entrée libre)

photo: marc domage / tutti
née en 1969, valérie mréjen vit et travaille à paris. vidéaste, photographe et écrivain (auteur de mon grand-père, 1999 et de l'agrume, 2001), elle est connue pour ses micro-films à propos de l'incommunicabilité, brefs dialogues, laconiques soliloques,
portraits de famille qui disent drôlement la vacuité du langage, les failles du discours, la banalité de nos conversations. qu'il s'agisse de scènes de ménage, de conseils de famille ou de souvenirs de vacances, qu'elle soit interprétée par des proches ou par des comédiens, chaque saynète fonctionne comme un sketch à base de lieux communs, anecdotes, expressions toutes faites, clichés, tout en rapports de force,
non-dits, sous-entendus et autres quiproquos. au programme de cette soirée proposée par karine vonna, directrice artistique du forum itinérant, une série de vidéos réalisées entre 1997 et 2003 par valérie mréjen :
bouvet, 1997
au revoir, merci, bonne journée, 1997
toni et étienne, 1997
maïté et philippe, 1998
comment aider votre mari à réussir dans la vie ?, 1998
il a fait beau, 1999
des larmes de sang, 2000
sympa, 1998
jocelyne, 1998
valérie, 1999
c, 1999
en voyage, 2000
huguette,1999
yves et sylvia, 1999
une noix, 1998
le couple, 1999
le goûter, 2000
les vacances, 2000
portraits filmés (14 souvenirs), 2002
chamonix, 2003
trois portraits italiens, 2003
etc.
renseignements
le forum itinérant
12, rue de champagne
67100 strasbourg
tél : 03 88 40 29 91
www.forum-itinerant.org
musée d'art moderne et contemporain
1, place hans jean arp
67000 strasbourg
tél : 03 88 23 31 31
le forum itinérant, schmugler & stalker
présentent
trans'bourg
du 5 février au 23 mai 2004
au capcMusée d'art contemporain de bordeaux
dans le cadre de l'exposition
stalker
28 février - 6 mars 2003, le forum itinérant* accueille stalker / laboratorio d'arte urbana (rome, italie), représenté par aldo innocenzi et romolo ottaviani dans le cadre de prime time 3 avec pour partenaires le frac alsace, l'école d'architecture de strasbourg **, l'école supérieure des arts décoratifs de strasbourg, l'école d'architecture de karlsruhe (allemagne), l'instituto italiano di cultura de strasbourg. trans'bourg est une installation audiovisuelle réalisée dans le cadre de l'invitation faite à stalker pour animer en février 2003 une master class et une dérive en zone suburbaine, des rives de l'ill à celles du rhin. trans'bourg est constitué de traces audios, photos et vidéos ; un cédérom et un website contenant l'ensemble de ces traces sont actuellement en cours d'édition.
programme
28 février : rencontre avec stalker à l'instituto italiano di cultura de strasbourg ;
1er et 2 mars : marche avec stalker dans la ville en creux *** ;
3, 4 et 5 mars : masterclass animée par stalker à l'école d'architecture de strasbourg ;
6 mars : conférence animée par stalker à l'école d'architecture de strasbourg et vernissage de l'exposition trans'bourg conçue et mise en oeuvre à l'issue de la masterclass ;
6 - 29 mars : exposition stalker & trans'bourg à l'école d'architecture de strasbourg ;
mai - juin : constitution d'un groupe de travail dit "schmugler" **** pour concevoir et mettre en circulation des traces issues de l'expérience trans'bourg (photos, vidéos, sons... ) *****
* le forum itinérant : karine vonna & georges cazenove
** école d'architecture de strasbourg : frédéric luckel, coordinateur
*** marcheurs :
**** passeurs, contrebandiers, trafiquants: jérôme michel,nicolas bachet, jean-philippe conti, frédéric luckel, bérengère giraudat, amaury l'hoste, julie schneider, karine vonna, lavinia modesti, aldo innocenzi (stalker), romolo ottaviani (stalker), valeria, pier maria chapuis, sabrina courgey, blanca corbi, georges cazenove, maylis de lataulade, paolo fang, sandrine kardass, maria carmen martin, sebastian hollfelder.
schmugler
laboratoire d’art public
la manière la plus efficace pour repérer l’emplacement de frontières invisibles est de continuer à avancer, en toute naïveté feinte, jusqu’à provoquer les protestations des guetteurs chargés de protéger des limites qui ne sont pas toujours discernables au premier abord. c’est sur ce principe que s’est constitué le collectif schmugler, à l’occasion d’une intrusion de stalle dans des territoires strasbourgeois, au printemps 2003. en parfaite complicité avec nos camarades italiens, nous avons traversé des territoires corrodés par des usages marginaux et, par la confrontation avec les titulaires de ces lieux autres, de ces hétérotopies, fait apparaître des seuils, des variations de gradient émotionnel, révélé des limites imposées ni par la topographie, ni par les marqueurs habituels de frontières, mais plutôt par les appropriations fluctuantes des groupes qui se sont installés dans les interstices de la ville. c’est le douanier qui légitime le contrebandier : l’institution de frontières nécessite leur protection, et comme ces frontières ne sont pas reconnues comme telles par tous, il est inévitable que des réfractaires à la partition et à l’appropriation arbitraires des espaces remettent en question des contraintes qu’ils ne sauraient subir. la frontière et la limite ont néanmoins un aspect positif : elles fondent l’altérité, la différence et invitent à la reconnaissance de l’autre. autant les frontières poreuses peuvent avoir un effet de filtre, voire de lieu d’échanges, autant des frontières trop marquées ou quasiment étanches provoqueront des coupures et des confrontations catastrophiques, néfastes. trafiquants contrebandiers de valeurs, les schmugler traversent en tous sens la ville et ses parages, à la rencontre des manifestations des limites, à la rencontre donc des autres qui se dévoilent en indiquant la « règle du jeu » des territoires qu’ils abordent en intrus respectueux, prêts à toute discussion. une pratique mesurée des incursions, des intrusions, nous semble constituer une méthode (méta-odos …), un principe pour reconnaître les chemins, parcours, voisinages, enclaves cachées qui structurent les espaces que nous « violons ». il a été question de dérive urbaine, de psycho-géographie : notre démarche relève plutôt d’une psycho-topologie de la ville. et comme nos expérimentations les plus radicales ont pu, avant à titre individuel, pendant en compagnie de stalker, et après l’opération trans'bourg mesurer le caractère générique – pour notre attitude – de certains lieux strasbourgeois, nous affirmons sans ambages que : au commencement était la banlieue ! en effet, dans cette couronne d’une lieue de profondeur, les règles de la cité n’étaient plus tout aussi respectées.
capcMusée d'art contemporain de bordeaux / entrepôt
7, rue ferrère 33000 bordeaux
www.mairie-bordeaux.fr
capc at mairie-bordeaux.fr
le forum itinérant
12, rue de champagne 67100 strasbourg
www.forum-itinerant.org
forum.itinerant at wanadoo.fr

georges cazenove
vidéo, 16’, 2004
artiste, président fondateur du forum itinérant, georges cazenove développe depuis plus de trois ans avec ou sans karine vonna pour partenaire un travail systémiquement monochrome — plage blanche, cartes postales blanches, journaux blancs, affiches blanches, pages blanches... invité par apollonia à animer en mai 2004 un workshop de trois jours avec des étudiants de l’académie des arts de tbilissi (géorgie), il en a profité pour ajouter à cette série de nouvelles performances à base de nappes blanches, fils blancs et oeufs blancs... la vidéo “another world” est une modeste trace de ce travail en mode white feeling...