juin 23, 2005

MUTZIGZAG

mutzigzag
itinéraire d’art contemporain
3 juillet - 4 septembre 2005

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!! côté FORT DE MUTZIG la visite de l'exposition LA VIE EST UN JEU se fait les samedi et dimanche à partir de 14h ou 15h en même temps que celle du FORT lui-même!!!

• organisation
le forum itinérant
et l’association du fort de mutzig

• inauguration
dimanche 3 juillet 2005
à partir de 14h au fort de mutzig
à partir de 16h au lavoir de dangolsheim
à partir de 18h au sulzbad / site thermal de soultz-les-bains

• partenaires
frac alsace, école supérieure des arts décoratifs de strasbourg,
commune de dangolsheim, site thermal de soultz-lesbains,
ministère de la culture - drac alsace, région alsace

• information
06 08 84 17 42 (...) fkw2@mutzig.net (...) www.mutzig.net
06 76 28 63 62 (...) forum.itinerant@wanadoo.fr (...) www.forum-itinerant.org


la vie est un jeu


l’art et la culture permettent d’écrire l’histoire et l’actualité de l’humanité en termes de paix et de fraternité. en europe, en tout cas au niveau des pays membres de l’union européenne, après les grandes guerres que l’on sait, après l’horreur d’auschwitz, surtout à partir des années 80, quantité de sites militaires sont ainsi devenus des lieux dédiés à la création contemporaine, toutes disciplines confondues : cartoucherie de vincennes, subsistances de lyon, arsenal de metz, fabrique de théâtre de strasbourg, ateliers des bastions de strasbourg, zkm de karlsruhe... association de chercheurs d’art basée à strasbourg depuis 1999 et notamment soutenue par le ministère de la culture / drac alsace, le forum itinérant est donc ravi de pouvoir présenter cet été, dans les locaux du fort de mutzig, incroyable forteresse souterraine construite entre 1893 et 1919 sur ordre de l’empereur guillaume II d’allemagne, une exposition intitulée “la vie est un jeu”. jeu de piste en l’occurrence, à partir de et autour de ce fort. première édition d’un itinéraire d’art contemporain baptisé mutzigzag, puisqu’il va de mutzig à soultz-les-bains, en passant par dangolsheim...


mutzigzag
itinéraire d’art contemporain
3 juillet - 4 septembre 2005


• la vie est un jeu
si le titre de l’une des œuvres présentées — la vie est un jeu, une série de sculptures en plastique d’étienne bossut qui font partie de la collection du fonds régional d’art contemporain d’alsace — a été retenu comme sous-titre de l’opération mutzigzag, c’est parce que les fauteuils et tables de jardin, faux gazon et réfrigérateur produits par cet artiste font penser quelque part à des jouets d'enfants. or le jeu, comme nous le rappelle le philosophe giorgio agamben, n’est souvent que la re-présentation profane d’une pratique au départ sacrée : “la ronde était à l’origine un rite matrimonial ; le jeu de ballon reproduit la lutte des dieux pour la possession du soleil (...) le jeu libère et détourne l’humanité de la sphère du sacré, mais sans pour autant l’abolir. l’usage auquel le sacré est restitué est un usage spécial qui ne coïncide pas avec la consommation utilitarisste. la ‘profanation’ du jeu ne concerne pas en effet la seule sphère religieuse. les enfants, qui jouent avec n’importe quelle vieillerie qui leur tombe sous la main, transforment aussi en jouet ce qui relève de la sphère de l’économie, de la guerre, du droit et des autres activités que nous avons l’habitude de considérer comme sérieuses.” (in profanations, éd. payot & rivages, 2005)... et l’art dans tout ça ? l’art serait-il un jeu ? l’art aurait-il encore quelque chose de sacré ? si le sacré signifie le séparé, le mis à l’écart, comme dit le philosophe jean-luc nancy, “c’est là, peut-être, que l’art a toujours commencé, non dans la religion (qu’il y fût ou non associé), mais à l’écart.” (in au fond des images, éd. galilée, 2003). l’artiste contemporain serait donc, en tant que joueur, effectivement un drôle de profanateur. les œuvres d’étienne bossut, michel dejean, adrien fournier, peter rösel, alain séchas ou encore krassimir terzieff nous en fournissent a priori la preuve dans le cadre de mutzigzag. quant aux œuvres de georges cazenove, enna chaton, catherine gangloff, matthieu husser, philip huyghe, claude le berre, gaëlle lucas, monika m. matraszek, mathilde mestrallet, wiebke siem et karine vonna, elles ne font que nous confirmer que la vie est un jeu : jeu de pistes, jeu de miroirs, jeu de rôles, jeu de mots, sons et lumières, jeux interdits, jeux de l’amour et du hasard...


fort de mutzig


étienne bossut : la vie est un jeu, collection frac alsace, 2000
georges cazenove : prochainement nouveau concept, photos, 2005
le forum itinérant : série blanche, installation, 2005
adrien fournier : l’hymne à la, vidéo, 2005
matthieu husser : underground, maquettes, 2005
claude le berre : là-bas, audio, 2005
gaëlle lucas : draps, broderie ; fil rouge, dessins, 2005
monika m. matraszek : maternité, photos, 2005
mathilde mestrallet : do you hear what i say ?, vidéo, 2004
peter rösel : yuca et ficus, sculptures, collection frac alsace, 1997
alain séchas : le chat bowling, collection frac alsace, 2001
krassimir terzieff : a place, vidéo, 2003
karine vonna : dans le silence des archives, photos, 2004


lavoir de dangolsheim


michel dejean : les petits pois sont verts, installation, 2005


site thermal de soultz-les-bains

catherine gangloff : feuilles, installation, 2005

mutzigzag
itinéraire d’art contemporain
3 juillet - 4 septembre 2005


• 15 artistes
qui vivent et travaillent en allemagne, belgique, bulgarie, france et pologne
• 3 lieux d’exposition
le fort de mutzig, le lavoir de dangolsheim et le site thermal de soultz-les-bains


fort de mutzig
ouvert tous les week-end en juillet et août
départ des visites en français vers 14h et 15h,
en allemand vers 14h30


étienne bossut, la vie est un jeu, sculptures, collection frac alsace, 2000

né en 1946 à saint-chamond (france), étienne bossut pratique le moulage,
en plastique coloré dans la masse, d'objets industriels devenus quotidiens.
au fil des années, le plastique est devenu sa marque de fabrique. ce matériau moderne dont il use afin de réaliser des sculptures somme toute classiques, est fortement lié au développement de la société de consommation, tandis que la technique du moulage, au cœur de son travail, interroge les notions d'original et de copie, de création ou d'imitation et s'inscrit, de ce fait, dans une longue tradition. de duchamp à kosuth en passant par magritte.dans la vie est un jeu, exceptionnellement placées sur l'équivalent d'un socle, à savoir des flaques vertes évoquant des portions de gazon, son frigo, ses tables et fauteuils de jardin pourraient passer pour des agrandissements de jouets d'enfants. il s'agit bien pourtant de la reproduction exacte, par la technique du moulage, d'objets existants qui n'ont que l'apparence du ready-made...

georges cazenove, prochainement nouveau concept, photos, 2005

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georges cazenove, "prochainement nouveau concept", photos, 2005

né en 1947 à perpignan (france), georges cazenove vit et travaille partout
où il est de passage. partout où il pose un regard cynique sur les choses dites de la vie ordinaire. la série prochainement nouveau concept se présente, image par image, comme un très court métrage muet, à propos de l’usage des légendes et autres effets spéciaux dans le champ de la photo. toute trace de ressemblance avec des rêves, contes, fictions, mythes ou miracles déjà scénarisés, produits et diffusés serait pure coïncidence. les deux pièces ici présentées ne re-présentent rien sinon la possibilité de truquer toute image...


le forum itinérant, série blanche, sculptures, 2001-2005

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le forum itinerant, "serie blanche", photos, 2005

fondé en 1996, basé à strasbourg (france) depuis 1999, le forum itinérant travaille sur la transformation d’outils visuels en valeurs symboliques. démarrée en 2001, cette série blanche propose un niveau zéro d'écriture qui se présente via différents médias — cartes blanches, journaux blancs, livres blancs... un outil visuel monochrome, volontairement blanc, radicalement blanc, sans le moindre signe ou signal ajouté, qui s'inscrit dans l'espace d'exposition, quel qu'il soit, espace public ou espace d’art, en tant qu'alternative au flux sémiotique continu de mots et images. en posant que les mots et les images n’ont plus de sens, cette série blanche réfléchit sur le fait que le médium est le message et vice versa...

adrien fournier : l’hymne à la, vidéo, 2005

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adrien fournier, "l'hymne à la", vidéo, 2005

né en 1978, ancien élève de l’ésad de strasbourg, adrien fournier vit et travaille à paris. l’hymne à la qu’il “taquine” ici sur sa guitare sèche est en fait l’hymne à la joie de ludwig v. beethoven aujourd’hui devenu hymne européen. dixit alain fournier : “un hymne à un nationalisme commun pour des pays qui ont connu des distorsions, et un étendard brandi par un jimi hendrix anonyme, garant de la bonne exécution de l'harmonie.”

matthieu husser, rg(allem, volume, 2002
+ sans titre puzzle, installation, 2005

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matthieu husser, rg(allem, volume, 2002

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puzzle, sans titre 1, 2002


né en 1972 à colmar, matthieu husser vit et travaille à strasbourg (france) :
“représenter un code graphique tel que celui d'un plan de ville. lui donner une échelle physique, faisant référence à une maquette d'architecture. la partie de la carte choisie représente la frontière entre la france et l'allemagne. ce travail, placé dans le contexte du fort de mützig, permettra de confronter les temps respectifs de ces deux lieux qui sont liés à la même histoire.” (...) la seconde pièce présentée est un puzzle-camouflage. comme pour rendre absurde l'esthétique de la guerre. l'aspect ludique de cet objet exposé dans le fort de mutzig fera référence à la reconstitution du lieu.

claude le berre, là-bas, installation sonore, 2005

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claude le berre, "là-bas", installation sonore, 2005

né en 1974 à lorient, claude le berre vit et travaille en alsace. empruntant son matériau sonore aux archives du début du 20e siècle, à l'histoire du cinéma et à la musique électro-acoustique contemporaine, là-bas est une installation sonore explorant les multiples facettes du son, à la fois art du temps, de l'espace et du corps, pour habiter un tunnel, lieu de transition où l'on ne fait que " passer ". le recours à des fragments d'anciens enregistrements radiographiques permet la reconstruction d'un autre temps, l'évocation d'un moment du passé. par les qualités acoustiques inhérentes à son genre de construction, le tunnel permet aussi une expérience spatiale du son, qui est ici renforcée par l'utilisation de basses fréquences ressenties plus fortement pas le corps. par l'étroitesse, l'enfermement qu'il opère sur son visiteur, comme au sein des organes d'un corps, le tunnel ressert les sons et les sens sur l'individu et son corps à l'intérieur duquel celui-ci se recentre.

extrait sonore (format MP3)

gaëlle lucas, dessins, 2004-2005
+ draps brodés, coton et fils doré, 1997

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gaëlle lucas, "deux âges", dessin, 2005

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gaëlle lucas, drap brodé, 1997

née en 1971 à enghien-les-bains, gaëlle lucas vit et travaille à strasbourg (france). elle pratique le dessin comme on tient un journal quotidien. on trouve ainsi dans son journal des confidences, un fond d'images tirées de la mémoire. la feuille comme un espace ouvert, une respiration calme, un lieu de passage,
de croisement. parfois les dessins sont raccrochés à quelques fils de mémoire,
à quelques lieux de l'enfance, parfois ils traitent du vécu personnel, d'un élément de mon travail, d'une sculpture. narration, figuration, le dessin convoque des images (...) côté draps brodés, il s'agissait pour elle de reprendre les gestes des femmes, les techniques de broderie, de reproduire ce temps long et intime en créant une image contemporaine. comme un dessin, chacune des broderies représente un corps à l'échelle humaine en position dans le drap.

monika m. matraszek, naufrage d'un songe, photos, 2005
+ indéchiffrable vacuité, tableau, 70 x 97 cm, 2005

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monika m. matraszek, "indéchiffrable vacuité", tableau, 70 X 97 cm, 2005

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monika m.matraszek, "naufrage d'un songe", photos, 2005

née en 1970 à lodz ( pologne ), monika m. matraszek vit et travaille à strasbourg (france). le fort de mützig se présente pour elle comme un lieu particulièrement singulier pour accueillir une exposition. “c'est pourquoi, dit-elle, il me semblait nécessiter un travail hors normes. l'endroit proprement dit est une pièce contenant une citerne et offrant très peu de recul au spectateur. le document exposé, aux dimensions de 3m x 4m, représente un enfant en bas âge. il est composé de feuilles a4 assemblées qui forment l'image dans sa totalité. le sujet est sensé évoquer vie, insouciance, gaieté... mais allié au peu de recul du spectateur, l'effet produit est de l'ordre d'une vision réduite au détail et de la difficulté de représentation.” l'accroche, elle-même conçue à la manière de dessins d'enfants exposés sur un mur, rajoute encore à la fragilité et à l'instabilité de la vision globale de ce travail (...) autre pièce présentée : un tableau est en forme de question-réponse, sorte de questionnement géométrique et chiffré, indéchiffrable vacuité. ainsi que le vide et le plein se répondent, lettres et chiffres alternent, se côtoient sans rien expliquer.

mathilde mestrallet, do you hear what i say ?, vidéo, 2' 20, 2004

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mathilde mestrallet, "do you hear what i say ?", vidéo, 2004

née en 1982 à valence, mathilde mestrallet vit et travaille entre helsinki (finlande) et strasbourg (france). ce projet vidéo traite du langage et de la communication. trois étrangers dialoguent. chacun, dans sa langue d'origine. le dialogue :
- tu entends?
- j'écoute.
- tu comprends?
- j'entends.
- tu écoutes?
- ce que tu dis.
ce jeu de questions-réponses, visant à vérifier si la communication s'est engagée, est répété plusieurs fois jusqu'au trouble du dialogue auparavant établi.


peter rösel, yucca + ficus, sculptures, collection frac alsace, 1997

né en 1966 à rockenhausen (allemagne), peter rösel n'a eu de cesse de voyager depuis son plus jeune âge. il s'est ainsi forgé une culture qui se nourrit des croisements et des téléscopages les plus divers. à la façon d'un explorateur en quête d'inconnu, il note tout ce qu'il voit dans des carnets, accumule les photos et constitue toutes sortes de collections d'images. curieux de tout, il marque toutefois pour les plantes et les fleurs un intérêt tout particulier. il aime en elles "non seulement la manière dont elles se comportent en faisant pout pour survivre, mais aussi pour attirer, séduire, et aussi le fait qu'elles peuvent être tour à tour de façon raffinée tendres et sensuelles ou bien a contrario charnues, béantes et de mauvais goût". des plantes et des fleurs, il en fabrique d’ailleurs lui-même,
à partir d'uniformes de la police fédérale allemande. parce qu'il n'aime pas les uniformes, rösel n'a trouvé rien de mieux que de les mettre en pièces et de se servir des matériaux et des éléments qui les composent pour faire pousser ici
un yucca, là un ficus elastica decora. le piège visuel est total. d'autant que
rösel excelle à placer ses plantes là même où il est tout à fait naturel qu'elles
se trouvent, dans un escalier, sur un palier, près d'une fenêtre, bref dans une relation décorative avec le lieu où il les montre.

alain séchas
le chat bowling, installation, collection frac alsace, 2001

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alain séchas, "le chat bowling", installation, 2001

né en 1955 à colombes, alain séchas vit et travaille à paris. le chat
bowling, une sculpture en polyester blancà taille humaine, repréente un de
ces chats que séchas affectionne. aussi blanc qu'une feuille de papier, les
yeux et le museau comme dessinés au feutre noir, vêtu d'un polo orange, le
chat boule à la main, face aux quilles, semble bien piteux, tel un joueur
inexpérimenté qu'on aurait traîné au bowling, triste épouvantail du rôle que
l'on nous fait parfois jouer en société.

krassimir terzieff
a place, vidéo, 8'30, 2004

a place montre un parc de loisirs situé dans un quartier ouvrier de la périphérie
de sofia (bulgarie). la composition spatiale de ce site — étrange mélange de collines romantiques et de stratégies militaires -— résulte d'un aménagement urbain typiquement socialiste. les tertres sont parfaitement organisés, traversés d'étangs et de canaux que relient de nostalgiques passerelles piétonnières.
les éléments les plus saisissants de cet ensemble sont les tanks, canons, fusées et autres avions militaires qui évoquent un véritable champ de bataille. tous ces éléments sont réalisés avec des pièces manufacturières de matière identique : des tubes en métal dont le diamètre varie de 20cm à 70cm, peints en bleu, rouge et jaune primaires. ces engins, destinés aux jeux des d'enfants, représentent d'étranges vestiges de la planification urbaine idéologique aujourd'hui encore présente dans la vie quotidienne des habitants de cette partie de sofia. plus surprenante encore est la fréquentation de ce parc. tous les week-ends, l'aire de jeux est bondée, familles et enfants s'y amusent, ne se doutant pas un seul instant de la métaphore tragique à laquelle ils prennent activement part.

karine vonna, dans le silence des archives, photos, 2004

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karine vonna, "dans le silence des archives", photos, 2004

née en 1962, karine vonna vit et travaille à strasbourg. dresde, allemagne,
été 2002 : il y avait ça, fragment d’un paysage urbain, une cité, et dedans,
devant, au premier plan, en vrac sur le trottoir, un tas de choses tout
droit sorties des caves inondées par l'historique crue de l’elbe ; archives
ordinaires, mémoires intimes et anonymes, souvenirs, restes, résidus et
reliques, rebut-rébus, déchets-déchus d’un monde depuis longtemps fondé sur
la surproduction, la surconsommation, l’accumulation et la conservation
d’objets ; un tas d’objets de toutes sortes, sacs poubelles, cartons,
cageots, moquettes, matelas, flacons, bijoux et autres pacotilles hors
d’usage, périmés, démodés, obsolètes, stockés, remisés, cachés six pieds
sous terre jusque-là et soudain exposés au grand jour ; fragment d’un
paysage pareil à un chantier de fouilles archéologiques, et au milieu de ce
paysage, échoués là comme des naufragés, posant et reposant comme des
gisants, les yeux fermés ou le regard absent, il y avait l’extraordinaire
présence usée de quelques jouets, peluches, poupées, poupons... en même
temps que je les cadrais, en les "extranéant" de la masse informe dans
laquelle ils se confondaient, je repensais à ces pages de giorgio agamben
sur le "pays des jouets", lues il y a déjà longtemps… de toutes les choses
que notre existence de consommateur nous conduit à jeter pour les remplacer
par d’autres, les jouets ont un statut singulier. si le monde des objets se
caractérise principalement par sa valeur d’usage, celui des jouets fait
signe vers une toute autre essence. "le jouet, écrit agamben, est ce qui a
relevé - autrefois, plus maintenant - de la sphère du sacré ou de la sphère
pratico-économique (qu'il détourne ou neutralise) ; ce que le jouet conserve
de son modèle sacré ou économique, ce n'est rien d'autre que la temporalité
humaine dont il était le réceptacle, pure essence historique. le jouet est
une matérialisation de l'histoire contenue dans les objets". en tant que
signifiants du passé historique et culturel de l'humanité et de l'individu,
ce temps révolu où l'excès — au sens où l'entend georges bataille — et la
dépense sont rois, les jouets sont comme des résidus embarrassants d'un
monde où le temps n'a plus cours, où passé et présent s'annulent pour
laisser la place à une autre temps, un temps exceptionnellement uchronique…


lavoir de dangolsheim
ouvert tous les jours


michel déjean, les petits pois / sont verts, installation, 2005

né en 1946, michel déjean vit et travaille à dingsheim (france). il explique
lui-même comme suit son projet d’installation éphémère dans le lavoir de dangolsheim : “il s’agit d’une recette de cuisine. comment cuire à l’eau froide des petits pois sans perturber les habitants du bouillon ? remuer un instant l’esprit par ce questionnement idiot, déconstruire le cours des choses sans en altérer le milieu. l’humour est ici : faire baisser les yeux des humans et lever ceux des poissons pour qu’ils se rencontrent un instant. va savoir qui envie l’autre : l’humain qui, par cette chaleur, aimerait être un poisson dan l’eau ? ou le poisson qui souhaiterait peut-être se dorer la pilule ? seuls les petits pois sont aux anges, dans un bain bouillonnant frais.”


site thermal de soultz-les-bains
ouvert de 8h30 à 19h les lundi, mardi, mercredi et jeudi
de 8h30 à 20h le vendredi, de 8h30 à 18h le samedi
fermé le dimanche et jours fériés

catherine gangloff, éclaboussures, sculpture, 2005

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née en 1953, catherine gangloff vit et travaille à dingsheim (france).
peintre, graveur et sculpteur, elle a choisi d’installer ses éclaboussures, une nouvelle pièce, dans le grand bassin circulaire du parc du sulzbad, site thermal
de soultz-les-bains : “dans un cadre classique et romantique, apporter, par bribes, une provocation douce. comme des pétales de couleur, dans le calme d’une horizontalité verte, quelques éclats frôlent l’eau avec prudence, avec pudeur.
invitation à une méditation poétique.”

Posted by admin at 09:03 AM